Quel est le trésor d’un journaliste ?
Quel est le trésor d’un journaliste ?
Dans le cadre de la Semaine de la Presse , ce mardi 25 mars les 4°B ont rencontré au C.D.I. , Philippe Malric journaliste à Midi Libre .
Au fil de deux heures d’échanges, les élèves ont découvert son métier mais aussi l’organisation de l’entreprise et surtout comment on informe les gens .
Saviez-vous qu’un exemplaire de notre quotidien régional comprend autant de signes qu’un roman de 250 pages ?
A partir d’une photo et des 5W , M.Malric est capable d’écrire aussi bien un papier de 3.500 signes qu’une brève de 5 lignes .
Certains jours il y a trop d’informations , et il faut établir une hiérarchie dans les sujets .
L’important c’est l’accroche , car les lecteurs se déconcentrent de plus en plus vite à partir de 18 lignes, avant l’attention restait soutenue pendant 27 lignes. Et ensuite , il faut soigner la fin , car c’est la dernière impression qui restera .
Maintenant, la publication internet passe en premier « web first », l’édition papier a perdu 180 000 lecteurs en 25 ans, un abonnement papier rapporte 50€ par mois alors qu’internet à 10€ par mois ne compense pas encore cette perte .
Philippe Malric a débuté dans le journalisme ,grâce à son stage de collège, ensuite il a passé des concours pour entrer à l’école de journalisme de Marseille, où il a étudié tous les média . Il est entré à Midi Libre en 1996, en commençant par la rubrique des sports, il fallait faire les compte-rendus de matches et envoyer le papier au coup de sifflet final . Actuellement , il est le numéro deux à l’agence de Sète, il chapeaute les correspondants « villages », dont 3 à Frontignan . Ces localiers ne signent pas les articles, ils donnent juste leur téléphone , afin de ne pas avoir de souci .
La journée type débute à 9h30 par une conférence de rédaction où l’équipe choisit les articles de tête ,en haut de page , et ceux de pied, les moins importants . Les journalistes travaillent aussi à partir de dépêches de l’AFP ou de Reuter pour le national et l’international . La hiérarchie des sujets est de publier ce qui concerne le plus de gens , comme les informations pratiques, mais aussi les faits divers, 11pages par jour pour Montpellier .
Ici sur le Bassin de Thau c’est plus calme, sauf le week-end dernier, où il a fallu traiter la bombe et aussi une invasion imprévue de Vélelles échouées sur la plage. Ce dernier événement a fait 300.000 vues sur internet et a été repris par la télévision et la radio . C’est souvent la presse papier qui sort un sujet local en premier .
Pour le sujet du désamorçage de la bombe, qui était prévu depuis plusieurs semaines, la rédaction a varié les angles : la conférence de presse du préfet, les opinions des frontignanais relogés au camping, et les policiers qui assuraient les rondes de sécurité dans la zone de confinement . Le P.C. sécurité était à la salle Ferrari, les photos étaient prises par les démineurs eux-mêmes, elles sont sur le site de la préfecture . Le « bruit d’explosion » entendu dans la nuit n’a pas été identifié , il ne peut pas s’agir
de cet événement, autosuggestion ou mur du son ? Il faut au moins deux sources différentes pour confirmer un fait à publier, M.Malric passe de plus en plus de temps à trier des infox sur les réseaux . Son trésor le plus précieux est son carnet de numéros de téléphone , contenant des contacts dans tous les milieux accumulés au fil des ans .
La journée de travail peut s’achever à 20h , le temps d’imprimer les différentes éditions sur les rotatives de St-Jean -de-Védas, mais un coup de fil pour un sujet à traiter en urgence ,comme un incendie, va remettre tout le monde sur le pont .
Le poste de M. Malric n’est pas aussi dangereux que celui de reporter de guerre, mais il a déjà reçu des menaces de mort, il s’est fait peur dans la banlieue de Marseille, et a déjà cotoyé des morts sur des accidents, dans ce cas il faut toujours éviter les images chocs et respecter la dignité des personnes .Un journaliste professionnel applique la déontologie de son métier : contacter toutes les personnes impliquées et écrire un débat contradictoire.
Philippe Malric a répondu à beaucoup de questions des élèves, comme sur les personnalités qu’il a rencontré de Michel Platini à Emmanuel Macron, les difficultés de son métier, les voyages effectués, la couverture des Jeux Olympiques 2024… Mais il leur a aussi posé la question essentielle que lisez-vous, vous adolescents pour vous informer ?
Il nous a dit aimer beaucoup les dessins de MAN, et donc les 4°B lui ont soumis leurs productions réalisées avec Monsieur K, qui lui travaille pour l’édition de Béziers .
Un palmarès a été établi , affiché au CDI, à vous de vous faire votre propre opinion !
Scoop Toujours ! La documentaliste.